Retour Nouvelles cliquez Alertes Suite Contact
Accueil Liens Galerie Aide vide vide vide Réformes
     

Sale temps pour les bêtes

« En quelques décennies de « révolution verte », les animaux sont devenus des « facteurs de production»: on mesure ce qui entre, on mesure ce qui sort, on calcule le rendement et celui-ci a droit de vie et de mort », par Didier Boursier, paysan en Vendée.

Depuis 50 ans, l'industrialisation de l'agriculture est en marche, et ses conséquences sur le nombre de pay­sans, sur les atteintes à l'environnement ou sur la désertification de territoires entiers sont bien connues et souvent évoquées. Mais il est un autre aspect de ce phénomène qui est régulièrement passé sous silence et qui mérite pourtant qu'on s'y attarde: c'est la mutation profonde du rapport entre le pay­san et ses animaux.
Pendant plus de 10 000 ans de cheminement commun, l'homme et les animaux
domestlques ont cohabité, coopéré, partageant les mêmes disettes et s'abritant parfois sous le même toit. La vache avait un nom, elle faisait partie des meubles, presque de la famille. On s'y attachait, on la bichonnait quand elle était malade, et on lui pardonnait certains manques de productivité ou certains défauts.
En quelques décennies de « révolution verte», les animaux sont devenus des « facteurs de production» : on mesure ce qui entre, on mesure ce qui sort, on calcule le rendement et celui-ci a droit de vie et de mort. Tout doit être standardisé. Il n'y a plus de place hors les normes.
Et comme si ça ne suffisait pas, on impose à ces pauvres bêtes des conditions de vie profondément maltraitantes : on interdit à la vache de manger de l'herbe alors qu'elle est herbivore, on l'oblige à se coucher toute l'année dans des logettes, on exige d'elle 8000,
la 000 litres de lait dès la première lactation et ensuite on la reforme car avec un tel régime, elle n'arrive pas à mettre en route une nouvelle gestation assez rapidement. ..
Et que penser de la truie à qui on fait concevoir 20 porcelets pour n'en garder que 15 car elle ne peut pas en nourrir plus de toutes façons 7 Malheur aux cinq plus ché­tifs de la portée: ils seront « toqués» contre un mur ou gazés au dioxyde de carbone, ou bien encore électrocutés. Et que dire du poulet abattu même pas 30 jours après être sorti de sa coquille et sans avoir jamais vu le soleil !
Si l'élevage industriel se pratique dans des bâtiments bien fermés, peut-être est-ce d'abord pour mieux dissimuler la violence quotidienne qu'il génère. Qui peut croire que cette agriculture déshumanisante et mortifère est celle de l'Avenir?

Retour

 
 
Une interface créée par :